Les États-Unis pourraient prochainement imposer de nouvelles taxes sur les drones et les composants essentiels des panneaux solaires. Le ministère américain du Commerce a annoncé récemment l’ouverture d’enquêtes officielles dans ces deux secteurs industriels.
Cette démarche s’inscrit dans la continuité des actions menées par le président Donald Trump, après les taxes douanières déjà établies sur l’acier, l’aluminium et les procédures en cours concernant les semi-conducteurs et les produits pharmaceutiques. Ces nouvelles enquêtes, initiées le 1er juillet, visent à déterminer si ces produits représentent un enjeu de sécurité nationale, condition préalable à l’instauration éventuelle de droits de douane spécifiques.
Marché dynamique des drones
Les enquêtes en cours concernent précisément les importations de drones civils et militaires (systèmes d’aéronefs sans pilote – UAS), ainsi que leurs pièces détachées, ainsi que le silicium polycristallin et ses dérivés, des éléments essentiels à la production des panneaux solaires et des semi-conducteurs.
Ces procédures sont menées sous l’autorité de la Section 232 de la législation américaine, qui permet d’appliquer des tarifs douaniers afin de protéger les secteurs jugés cruciaux pour la sécurité nationale. Selon cette loi, le secrétaire au Commerce dispose d’un délai maximal de 270 jours pour remettre les résultats de son enquête.
Les États-Unis figurent parmi les principaux producteurs mondiaux de drones, aux côtés de la Chine et d’Israël. D’autres nations telles que la Turquie, l’Iran, la Russie, et plus récemment l’Ukraine, ont également développé des drones militaires à coûts réduits, fréquemment déployés dans divers conflits. Par ailleurs, les entreprises chinoises, comme DJI, dominent largement le marché mondial des drones civils.
Monopole chinois sur le silicium
En ce qui concerne le silicium polycristallin, la Chine détenait en 2024 plus de 90 % de la production mondiale, selon Thunder Said Energy, un cabinet spécialisé. Une partie significative de cette production proviendrait de la région du Xinjiang, où la Chine est accusée par les Occidentaux de violations des droits humains envers la minorité musulmane Ouïghour, ce que Pékin réfute fermement.
Cette initiative du président Trump s’inscrit dans le cadre plus vaste de la guerre commerciale qu’il a relancée depuis son retour à la Maison-Blanche. Récemment, il avait informé plusieurs pays, ainsi que l’Union européenne, des nouveaux taux de taxation à l’importation prévus dès le 1er août, provoquant des réactions négatives sur les marchés financiers.
Donald Trump a affirmé cette semaine que ces mesures tarifaires n’en étaient qu’à leurs débuts, soulignant que les droits de douane appliqués aux importations automobiles et à l’acier avaient déjà rapporté quelque 188 milliards de dollars aux États-Unis.





